Plus qu’une pièce à mettre en place, tu sais ce que risque la population si les manifestants s’attaquent directement à Interpol. Pas que tu tiennes à eux tant que ça, la morsure t’en empêche, mais cela ne sert pas tes plans. Comme disait Sun Tzu dans l’Art de la Guerre, “le fin stratège attaque alors que les plans s’établissent, attaque les alliances en deuxième, ensuite les armées, mais sait que le siège d’une ville ne se fait qu’en dernier ressort. Il est la moins brillante des stratégies”. Pendant qu’ils tiennent le siège, ils dépensent leurs ressources mais ne peuvent établir d’autres plans. C’est pour ça que tu es là ce soir, le siège du gouvernement, la sécurité est ridicule, d’un autre côté, ils n’ont aucun moyen de prévenir ce genre d’intrusion. Tu sais où le Securitis est placé, peu importe comment tu as eu cette information, dommage collatéraux, la fin justifie les moyens, tu en es plus à ça près, tout est valable, ta seule limite est ta culpabilité et elle est déjà dépassée, mais tu ne peux pas te suicider, tu n’as rien à perdre, strictement rien, sauf ce pourquoi tu te bats. De là il suffit d’en prélever pour synthétiser un contre agent. Les défenses du G-12 utilises contre eux, il y aurait quelque chose d’ironique la, tu t’en préoccupes guère. Tu cherches quelque chose en particulier, deux agents sont morts dans un accident de voiture cet après-midi. Il n’aura pas fallu longtemps pour savoir que la voiture a été sabotée. Tu sais comment les trouver, tu sais qu’elle sera là, pas qu’elle se préoccupe de la situation, mais les procédures d’Interpol sont claires, au cas où des agents seraient compromis, le plus haut représentant doit obligatoirement régler le problème avec le plus haut représentant de l’autorité sur place. Dans ce cas c’est elle et le chef du gouvernement local. Tu la repères facilement à son odeur. Tu déambules par les couloirs, invisible, tu sais où sont placées les caméras, tu peux envoyer un signal parasite pendant quelques secondes, la camera enverra la même image mais n’en enregistrera plus, une sorte de bug, comme il en arrive plus que les spécialistes aiment l’admettre. Cela fait plusieurs jours que tu as préparé le terrain, il ne te reste plus qu’à récolter, un système automatique laisse des traces et devient donc détectable. Autant être là directement et utiliser le système passif, tu le connectes sur ton téléphone, le signal est offusqué, tu passes directement par plusieurs portables, chacun n’ayant qu’une partie du système, les technologies se développent à un rythme très réduit depuis le Pluralis mais quelques améliorations ont quand même eut lieu, les téléphones portables sont très sophistiqués mais les systèmes qui les protègent beaucoup moins. Le signal est disséminé dans plusieurs téléphones, chacun envoyant un signal via les ondes jusqu’à un récepteur qui enverra le son et l’image à des sites choisis préalablement via darknet et de là au reste de la toile. Et que verront les populations une fois que l’information sera accessible à tous? La directrice d’Interpol dans un de ses petits jeux avec les hauts membres du gouvernement, sur fond de confessions du meurtre de civil pour raison G-12. La directrice ne peut admettre qu’elle n’a aucun control sur ce qui se passe, mais ne peut donner de raisons au meurtre du civil. Tu sais aussi à quel manque elle essai de palier, rejetant l’humiliation que tu lui infliges sur quelqu’un d’autre, gratuit, tu sais qu’elle ne peut en tirer aucun plaisir, aucune satisfaction. Cela devrait suffisamment blesser la fierté des Chiliens pour qu’ils se mobilisent. Des demain les foules vont manifester pour faire démissionner le gouvernement, ce dernier ne pourra céder, vu que cela signifierait renoncer au Pluralis. La répression va s’imposer comme la seule solution, il devrait y avoir suffisamment de chaos dans les rues pour permettre la phase suivante. Si la culpabilité ne te fais pas perdre la raison, à défaut de ton humanité, d’ici là.
Elle… elle te regarde droit dans les yeux…non… trop fuyant, mais révélateur… elle sait que tu es là…. elle a estimé ta position… comment? Elle ne peut avoir senti ton odeur…bruit de pas tout autour… personne ne savait que tu serais là… tu es cerné… Idiot! “Le point faible de tous plans et de croire que l’on en sait plus que son adversaire” encore Sun Tzu, tu n’es pas le seul à avoir lu « l’art de la guerre ». Tout à ta haine pour elle, tu en as oublié qu’elle n’est pas devenue directrice d’Interpol pour rien. Elle a dû anticiper ta présence, si les agents d’Interpol sont trop à l’aise dans leur procédures, tu l’as trop été dans les tiennes. Le bâtiment est cerné, ils ont dû vérifier les principaux sites d’information et sont tombés sur les vidéos, ils ont sacrifiés le pays pour t’avoir. Tu l’as complètement sous-estimée, elle et sa détermination. Des agents se précipitent sur ta location. Bien sûr une fois qu’ils t’attendaient, la liste de tes cachettes potentielles devenait évidente. Pourtant lorsqu’ils arrivent tu n’es déjà plus là. Ils ne bougent pas assez vite, tu ne peux pas les éviter pour toujours, ils sont entrainés et armés… et toute une armée. Le bâtiment est situé à quelques distances de la ville, impossible de s’enfuir par les toits. L’endroit doit être surveillé comme le président un 14 Juillet. Tu passes en revue les systèmes de sécurité applicables et augmente tes prévisions, tu intègres qu’elle sait que tu es là. Plus tu progresses plus tes chances de sortie s’amenuisent. Il n’y pas de drogues pour être créatif, pour une fois tu le regrettes, il faut les prendre de vitesse, faire la dernière chose qu’ils attendent de toi. Ils connaissent ta vitesse, ta force, tes reflexes, ils doivent déjà avoir des contremesures, si tu en tues un tu ne feras que donner ta position, et ils sont trop nombreux pour tous les tuer. Tu te contentes de les éviter du mieux que tu peux, tu te retrouves dehors, entre les murs et les haies, tu seras caché tant que personnes ne songera à y regarder. Tu ne peux t’enfuir, après les haies s’étendent près de 500 mètres de gazons plat, toute l’armée du Chili se tient de l’autre côté. Toutes les lumières sont allumées à l’intérieur, les toits sont surveillés, les projecteurs éclairent les murs, ils ont la double utilité de t’éblouir (enfin c’est la théorie), tu ne vois pas où sont cachés les tireurs d’élites, mais tu sais qu’ils sont là. Tu continues de ramper dans les haies, tu sais qu’une grille d’aération est dans le coin, tu la trouves et t’y engouffre. Les sous-sols ne sont guère une protection, trop peu d’entrées, trop facile de toutes les garder. Pourtant tu ne perçois personne aux alentours. Tu te concentres et retraces une carte possible de leur position uniquement au son de leur pas, leurs cris. Ils essaient de te rameuter dans les sous-sols, assez ironique quand tu y penses, tu es là où ils voulaient que tu sois, mais ils te cherchent. Ça te donne un léger avantage sur eux, tu bouges plus vite qu’ils ne le sont habitués, ils peuvent anticiper mais ils ignorent pour tes sens. Tu récupères un pas d’avance sur eux. Il faut garder la tendance. Tu t’approches de l’une des portes, les gardes sont tendus mais personne ne leur a dit que tu étais la, ils sont cinq, armés. Le monde autour de toi ne fait plus de sens, tu es pris d’une crise de vertige, il faut que tu te retiennes contre le mur, cela fait du bruit et attire les agents. Tu ne vois plus rien, n’entend plus rien, et cette douleur… pourtant lorsque le premier agent se montre, l’arme en avant, une sorte d’instinct prend le relais. Tu écrases le poignet qui tient l’arme contre le mur avec ton coude gauche pendant que ton coude droit percute son menton et fracture ses cervicales. Il est déjà mort quand ton coup de pied le percute, et il est projeté en arrière, créant une sorte de bouclier, voir leur camarade projeté dans les airs comme cela crée un choc qui les ralentit juste suffisamment pour que tu reprennes tes esprits. Le corps percute un autre agent, tu sais qu’il ne survivra pas non plus, les drogues ne rendent pas les os plus résistants. Tu es juste derrière, tu attrapes le poignet de l’agent le plus proche de toi, fracasses les os se faisant, tu frappes son larynx dans le même mouvement et met son corps en direction des tirs de ses camarades. Les impacts t’indiquent que les agents sont armés de pistolet à fléchettes, le fait qu’ils soient restés surpris lors de la première attaque indique qu’ils ne sont pas sous morsure… bien sûr, ils essaient de t’avoir vivant. Tu prends l’arme de ta dernière victime et la projette violement contre un autre agent, même si tu avais le réflexe d’utiliser une arme, tu sais que les armes des agents sont équipées de protection à empreintes digitales. L’arme s’encastre dans le crane de sa cible avec suffisamment de violence pour déclencher le mécanisme de tir, la fléchette frappe le dernier agent qui s’effondre de suite. Le dosage a été choisis pour t’arrêter vite, il est fatal pour les autres. Ils n’ont pas eu le temps d’alerter qui que se soit mais tu entends déjà leur radio, les armes sont reliées à un serveur lorsqu’elles sont utilisées elles envoient un signal ainsi qu’une image de la cible. L’image sera mauvaise, ils ne savent toujours pas exactement à quoi tu ressembles. Tu as juste le temps de prendre l’un des cadavres avec toi et retourner te cacher. Les sous-sols sont compromis ils doivent savoir que tu t’y cachais. Les militaires vont s’y engouffrer, les agents par contre savent que tu n’y es plus. Il leur faudra arriver sur place pour voir que tu as pris l’un des cadavres. Soudain, le monde se divise en deux, tu vois tout en double, tes jambes ne te portent plus, la douleur revient. Le Pluralis… idiot… la morsure t’a empêché de voir les premiers effets de manques… tu as oublié de prendre ta dose après le cours avec les gosses. Tu n’as plus beaucoup de temps, il faut que tu sortes et vite. Tu changes de vêtements. Les caméras ont surement du permettre d’établir comment tu étais habillé. Autant les brouiller autant que possible. Encore une crise de manque… tant que tu es en mouvement tu devrais tenir. Autant pour te fondre dans la masse, les spasmes vont te vendre. Il faut trouver une autre solution. Pense… oublie la douleur… tu es dans un bâtiment gouvernemental, le siège du gouvernement, ils doivent avoir une sortie de secours. Encore une crise, tu laisses le cadavre là et file dans ce que tu te souviens être la bonne direction. Tu ne peux pas courir aussi vite que la normale, les crises de manque te ralentissent. Tu te retrouves souvent par terre à lutter pour ne pas hurler. Puis tu entends quelqu’un dire qu’ils ont trouvé un agent sans ses vêtements, toutes les unités sont déjà alertes de trouver quelqu’un habillé en agent. Tu es caché, au coin d’un couloir, ils sont partout, les crises s’intensifient, tu as des problèmes pour te tenir debout. Tu es à genoux à te retenir de gémir lorsqu’un agent se dresse devant toi. Ils te connaissent, il ne prend pas de risque, il pointe son arme et tire… comme tu t’y attendais, en dehors des crises ils continuent de bouger au ralentit pour toi, tu te jettes dans la pièce adjacentes au dernier moment, la fléchette te frôle et va se loger dans la tête de l’un des soldats, ceux que tu attendais. Ses camarades ne se posent pas de question et ouvrent le feu, après tout ils viennent d’apprendre que la cible a volé les vêtements d’un agent (et ils ne savent pas pour la sécurité des armes d’Interpol). Des cris fusent dans tous les sens, les tirs ne tardent pas à suivre, les cadavres se multiplient, une autre crise… tu en perds connaissance. A ton réveil, les soldats hurlent qu’ils ont attrapés la cible, tu te lèves, tout ce beau monde court dans tous les sens, la cible est ici ou ailleurs. Un soldat, un gradé, tu as des problèmes pour voir son grade, tout apparait trouble… il voit le sang sur tes vêtements, il ordonne à une équipe médicale de t’emmener, tu es trop faible pour lutter. L’équipe médicale se pointe sur place, la scène n’est pas encore sécurisée, ils t’emmènent en civière jusque dans une ambulance. Cette dernière démarre, l’arrière est séparé du conducteur, deux aides-soignants s’afférent autour de toi, t’enlèvent ta chemise, trouve la poche de sang et s’étonnent que tu n’aies rien. L’un d’entre eux inhale, prélude à crier quelque chose, tu enfonces son larynx avec ta main gauche, pendant que tu repousses le deuxième de la droite. Tu as à peine fini ton mouvement que tu enfonces le visage du deuxième avec ton coude. Les deux sont morts sans avoir pu émettre la moitié d’un cri. Tu te recouches un instant vaincu par une crise.
Lorsque le conducteur aura appris que la cible avait surement changée ses vêtements avec un soldat et que toutes les ambulances auront été rappelées sur le site, Interpol ne trouvera que deux aide soignants morts à l’arrière. Malgré les meilleurs efforts de censure, les vidéos de hauts responsables du gouvernement en positions compromettantes mais surtout de soumission en face d’une femme, fut-elle la directrice d’Interpol, scandalisera une population essentiellement machiste et nationaliste, l’eau qui fait déborder le vase pour une population qui subit les frasques d’un gouvernement corrompu. Santiago se réveille au rythme des radios, blog, émissions télé, sites d’information relayant la colère d’un peuple trop longtemps abusé. Les premières manifestations se forment à la sauvage mais s’organisent au fur et a mesure de la journée, dès le soir le gouvernement tente de calmer la population avec une répression brutale qui ne fait qu’envenimer les choses. Santiago se couche avec les premiers coups de feu. La population veut se débarrasser de ses “représentants” et va en venir à la lutte armée.

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