Tu dois t’en sortir, tu n’en peux plus, tu as réellement été traité au Fidelis, tu ne peux ressentir de désir que pour une personne que tu hais, elle t’a pris tout ce qui comptait pour toi, juste parce qu’elle le pouvait. Tant de pouvoir ne devrait être en aucunes mains… pourtant c’est là, elle passe ses journées à jouer avec toi, à te tourmenter, elle te force à faire des choses que tu reprouves, ces nuits…. les souvenirs imprimés au fer rouge dans ton esprit, ceux-là tu ne peux les oublier, pas fautes d’essayer. Le plaisir forcé, mêlé à la douleur de ne pas pouvoir résister, et elle en veut plus elle en veut toujours plus. Elle sait que tu ne l’aimes pas, que tu essaies de résister, c’est ça qu’elle essai de tuer chez toi. Tu t’es aperçus que quelque chose n’allait pas, malgré ce qu’elle t’a fait elle ne semble pas satisfaite, elle veut plus, elle essai de te briser… ce que tu as du faire… témoin aux premières loges, mais incapable de contrôler ton propre corps… obligé de faire…. tout ça….forcé de prendre ce plaisir, encore des choix qui t’ont été volé. Pourtant ça ne lui suffit pas. La crise reprend… la douleur est insurmontable, malgré tes efforts tu ne peux pas t’empêcher de hurler… ça fait trois jours maintenant que tu es prisonnier de cette cellule, elle t’y a mis pour te briser, sans Pluralis, en proie à la crise de manque. Elle vient des fois se délecter de ta peine tout en te forçant à faire ces…. choses. Tu n’as pas le choix, tu dois les faire, même au pire des moments de la crise. La douleur dans ton cerveau, à se taper la tête contre les murs, mais l’Immortine s’est incrustée, ton cerveau n’a plus la capacité de faire quoique ce soit qui puisse attenter à ta vie, y compris les coups de boules contre les murs. Tu es assis prostré a hurler et pleurer… elle vient encore, ravis de ta position, de tes humiliations, ce qu’elle te fait dire, ce qu’elle te fait faire… le plaisir qu’elle te force à ressentir…
Les crises de manque empirent, et pourtant… pourtant à chaque crise quelque chose semble se lever, une sorte de voile dans ton esprit.
Elle t’a fait revenir au bureau deux jours plus tard, elle voulait t’entendre la remercier, après 5 jours sans Pluralis, elle s’est pointé avec la pilule, tu as perdu tout contrôle de toi, tu as fait tout ce qu’elle a voulu et tu l’as remercié avec gratitude, et elle a recommencé à jouer de suite. Ta raison ne fonctionne plus, elle s’est réfugiée, dans une partie de ton esprit, un sentiment que l’on appelle la haine, quelque chose de froid, dur, sec, une lame qui adorerait voir percer son cœur, ses poumons, tu veux voir son sang se répandre, tu veux qu’elle souffre, tu passes tellement de temps à l’imaginer dans les pires souffrances, tu en éprouves un plaisir presque sexuel, que tu attribues tout de suite au Fidelis, alimentant ta haine d’avantage, à ce niveau cela devient une réaction si proche de l’amour. Mais tu es toujours secrétaire, tu as toujours accès à des informations, des informations qu’elle pense inutilisable pour toi, après tout comment pourrais-tu lui faire du mal? Tu peux y penser mais tu ne peux agir, encore un choix qui t’a été levé. Elle sait aussi qu’il n’y a aucun remède pour le “Fidelis B”, pourtant interdite à la commercialisation. Le Fidelis n’est généralement utilisé que pour “encourager” l’ultranationalisme des pays du G-12 (bien plus efficace que les prisons). Il est strictement interdit à usage personnel, bien sur vu sa position, beaucoup d’interdictions perdent de leur sens. Mais tu es tombé sur un document intéressant, le rapport de l’équipe médicale de ton assaut en Uganda. Il semblerait que tu sois insensible aux effets secondaires de la morsure. Ton oubli ne serait dû qu’à une surdose d’une drogue utilisée dans les programmes “poupées”, ils ont essayé de te faire oublier quelque chose. Il semblerait que tu aies aussi résisté à ce traitement là… n’ayant oublié qu’une partie de ta mémoire, celle relative aux 15 minutes entre la fin de la mission et l’arrivée de l’équipe sur les lieux. Elle voulait te transformer en poupée. Par deux fois tu as résisté à ses désirs, tu commences à comprendre son acharnement, elle essai de te faire craquer pour te faire payer, mais elle essai aussi de savoir ce que tu leur caches.
Bizarrement tu te sens nettement moins impuissant, ce savoir te donne de la force. Ils ont peur de toi, que sais-tu, qu’ils ignorent? Les effets secondaires de la morsure de t’affecte pas? Cela veut-il dire que tu ne perds pas la mémoire?
Les semaines qui suivent sont ponctuées par de nouvelles tortures (continue à les appeler comme ça, tout pour alimenter ta haine) et d’autres recherches plus privés. Puis un jour, tu es prêt, tu es chez elle…tu es presque toujours chez elle, où elle peut t’observer, encore une position humiliante, elle te demande de lui servir à boire, tu refuses d’enregistrer de quoi tu es vêtu, elle veut juste te voir te promener comme ça au milieu de ses “invites”, pour montrer son pouvoir sur toi. Elle ne se doute pas qu’aujourd’hui est légèrement différent, aujourd’hui tu as pris la morsure, une petite dose, qui ne fera pas effet bien longtemps, juste suffisamment pour mettre ton plan en action, un plan que tu as mis au point shooté à la même drogue. La morsure supprime les émotions ou tout du moins l’action physique liée aux émotions, le Fidelis repose justement sur le contrôle des actions physiques liées aux émotions. La morsure annule le Fidelis ou tout du moins certains des effets et ce temporairement, mais cela te suffit. Tu fais ce que tu as à faire. Tu es lucide, tu ne peux la tuer et espérer t’en sortir. Donc pas de poison, mais quelque chose de pire. Une fois l’action achevée, elle s’endort, c’est la dernière phase, les invités habitués à bien pire ne se posent pas de question quand ils te voient partir, toujours dans ta tenue. En bas, tu sors des vêtements et d’autres doses de Morsure, celle que tu avais prise a déjà commencé à s’essouffler. La culpabilité pour ce que tu as fait commence à se faire ressentir, tu ne peux pas t’embarrasser de ça dans le cas présent. Personne ne t’as encore vue, la morsure t’empêche de te sentir grisé par ton premier acte d’homme libre.

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