Idiot à flirter comme un gosse de 15 ans tu as baissé ta garde. Maintenant ta couverture est compromise, tu continues sur ta lancée, continue de penser que ce ne sont que des outils, si ça peut t’aider. Mais la situation reste la même. Tu sais qu’Interpol va te trouver, tu n’as pas pensé que le frère de Dalia pouvait faire partie d’un groupe de résistance, à force de trainer avec des poupées tu as oublié que des gens pouvaient avoir une famille. Tu savais qu’ils viendraient, ils viennent toujours mais tu pensais pouvoir les éviter. Là il est obligé qu’ils te tombent dessus. Si tu pars ils sauront que c’est toi, l’orphelinat, Dalia… tout le monde paiera, si tu restes, ils te trouveront. Tu ne les as pas encore rencontré qu’ils t’ont de nouveau enlevé le choix. La seule option qu’il te reste… il faut faire face, il y a une raison pour laquelle ils te suivent avec autant d’acharnement et une seule. C’est elle qui te cherche.
Tu as pris une dose de morsure, tu ne peux pas t’empêtrer de sentiments dans cette situation. Tu ne peux pas te permettre de les laisser avoir un avantage sur toi. Il faut que tu sortes, il faut que tu saches, où sont-ils? Combien sont-ils? Qui sont-ils? Chacun a sa propre façon de réagir à la morsure, toi c’est un besoin d’accumuler l’information. Il faut savoir, tu n’as pas le choix tu as été dessiné comme ça, encore un choix que l’on t’a enlevé. Tu sors, la nuit est tombée, ironiquement c’est une nuit de pleine lune. La basse ville de Santiago est surtout constituée de maisonnées très rapprochées les unes des autres, peu d’altitude. Personne ne te voit sauter de toits en toits, à peine une ombre dans la nuit. Tu aurais pu y aller autrement mais tu sais que c’est l’adrénaline qui maintient ton humanité quand tu prends la morsure. Ceux qui te suivent ont depuis longtemps perdu ta trace. Tu es seul au monde, ça pourrait être grisant mais la morsure te rappelle à ton objectif. Tu connais leurs méthodes, tu as une idée des hôtels ou ils peuvent être, tu as fait le tour de la ville plusieurs fois, tu la connais mieux que là ou tu es né. Tu as fait une liste des hôtels où ils pouvaient être. Tu n’as pas besoin de chercher longtemps. Le vent te ramène un parfum que tu connais bien, elle t’appelle.
La morsure t’empêche d’haïr, mais elle te rend résistant aux effets du Fidelis, elle augmente la sensitivité de tes sens. Tu suis le parfum, impossible à rater. Avant peu tu es devant un hôtel de haut standing, tu te tiens en face, trop loin pour qu’ils te trouvent, leur technologie de pointe à besoin d’une cible pour être efficace. Tu as assombris ta peau, tes cheveux, tu te fonds dans la nuit. Elle est à la fenêtre, tu sais qu’elle ne peut pas te voir, tu laisses le vent porter ton odeur. Elle ne te voit pas mais regarde dans ta direction. La morsure t’empêche d’apprécier pleinement ta vengeance, les cernes autour de ses yeux, la douleur que tu y lis, les épaules affaissées, tous les doutes qui la submergent alors qu’elle croit être seule. La raison pour laquelle elle te poursuit avec autant d’acharnement. Pendant tout ce temps elle n’a rien vu, sous l’emprise de la morsure, tu as pu à ta guise fomenter ta petite rébellion. Chaque nuit tu lui administrais une dose de Fidelis B, histoire de lui faire gouter son propre remède, son stimuli est ton odeur corporelle, tu savais qu’elle n’y penserait pas, et visiblement personne d’autre. Cela fait longtemps que tu es parti maintenant, tu imagines son état d’esprit. Tu ne pouvais penser à pire châtiment et tu avais raison. Le fait qu’elle soit venue elle-même, en dit long sur la fiabilité de son information et donc sur l’identité de son informant. Tu te retrouves vaguement fasciné par sa détresse. Tu te sentiras surement coupable plus tard, mais plus tard tu seras de nouveau vulnérable au Fidelis. Tu perçois les autres, une dizaine d’agents, pas d’odeur de produits chimiques. Ils doivent avoir une base quelque part.
La plupart des groupes de rebellions ne sont que des marionnettes, infiltrés par des double agents, le meilleur moyen de régner reste de contrôler la concurrence. Le G-12 ne peut se permettre de se retrouver face a un front organisé, la vraie mission d’Interpol est de désolidariser ces différents groupuscules, tuer le mal avant qu’il ne soit dangereux. L’orphelinat doit déjà être sous surveillance, seul le frère de Dalia et son ami t’ont vu de près. Tu t’imagines que les autres n’ont pas d’images claires de toi, il faudra donc un peu de temps pour t’identifier à coup sûr. Là ils doivent être en train de vérifier tous les pauvres gus que tu as visité, le lien avec l’orphelinat se fera a un moment ou a un autre. Tu as à peu près deux ou trois jours, ils ne feront pas le lien de suite. Ils viendront avec une photo de toi, et cuisineront tout le monde, tes “acolytes” n’auront aucun intérêts à te vendre, vu que cela sera la fin de leur petit business. Les “anti mensonges” ne marcheront pas non plus vu que tu ne ressemblais pas exactement à ce qu’ils ont vu sur les photos. Tu sais aussi que les interrogations porteront sur toi personnellement, toutes traces d’anxiété ou autre sera porté sur le compte de l’interrogation ou de leur éventuel petit deal. Puis l’un d’eux, tu sais lequel, parlera, o… il ne dira pas tout d’un coup, juste un peu, suffisamment pour mettre la puce à l’oreille des plus malins, de là le lien avec l’orphelinat deviendra évident.
Les tuer ne servira à rien, tu ne ferais qu’accélérer les choses, non il faut trouver autre chose, tu as besoin de temps.
Avec une dose raisonnable de morsure tu devrais pouvoir en gagner amplement… dommage que dans ton cas, elle n’enlève pas aussi le sentiment de culpabilité.

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