Lorsque j’ouvris les yeux Lilian dormait encore. Je me redressai et me mise à l’observer. Il finit par ouvrir les yeux et sourit, tout en s’étirant :
– Bien dormit ?
– Oui.
Il se redressa pour m’embrasser. Alors qu’il m’enlaçait la taille tout en m’embrassant je le repoussai.
– Si tu ne veux pas ce n’est pas grave, même si je te l’avoue que j’en ai très envie.
– Je sais que tu en as envie, ça se sent.
Je souris alors à le voir rougir.
– C’est le matin j’y peux rien.
Je soupirai et m’éloignai de lui pour m’asseoir sur le bord du lit. Lilian finit par se redresser et posa une main sur mon épaule.
– Qu’est-ce qui va pas ?
Je tournai la tête pour le regarder dans les yeux. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas m’attacher à lui plus que je ne l’étais déjà. Je l’aimais bien, comme Castiel…mais en temps de guerre, ces attachements étaient dangereux, je ne le savais que trop bien.
– On devrait rejoindre les autres.
Une fois ceci dit je me levais. Lilian se leva rapidement et vient dans mon dos :
– Dit-moi…qu’est-ce qui se passe ?
– Rien, c’est rien, allons-y.
– Bon…aujourd’hui on doit préparer une attaque.
– Contre les humains ?
– Oui.
Il se rhabilla rapidement puis me regarda. Je me doutais bien que beaucoup se trouvaient déjà dans le couloir et je ne comptais pas sortir habillée comme je l’étais :
– Mes habits sont dans ma chambre.
Lilian se mit à rire et sortit donc pour aller les chercher. Mais lorsqu’il revient ce fut moi qui me mit à rire, il avait pris des habits d’humains, une robe blanche cintrée à la taille assez banale mais tout de même magnifique. Bien sûr, le petit dragon, alerté par mon absence l’avait suivi et se dirigea rapidement vers moi quand il me vit.
Le vampire s’approcha de moi et m’aida à enfiler la robe. Il s’éloigna ensuite pour m’admirer.
– Si j’avais sus qu’un jour je tiendrais une telle femme dans mes bras.
Il sourit et avança, moi je reculais et il finit par me bloquer contre le mur.
– Qu’est-ce qui ne va pas ?
Il se pencha pour m’embrasser mais je tournais la tête, alors de ses mains sur mes hanches il se colla à moi. Je sentis son excitation et l’éloignai pour le regarder dans les yeux.
– S’il te plait…
Il sourit alors et se pencha pour m’embrasser dans le cou.
– Je te laisse tranquille si tu me promet de m’expliquer bientôt.
On se regarda dans les yeux et je finis par baisser la tête devant son regard insistant.
– D’accord…mais là tout de suite on doit aller rejoindre les autres.
Il me prit simplement la main et on sortit. Devant la porte il me tourna rapidement face à lui pour se pencher sur mon cou et refermer la morsure.
– Alors Lilian ? Belle nuit ?
On tourna tous les deux la tête vers Castiel, souriant, les bras croisés.
– Très belle.
Les deux frères sourirent ensemble.
– Madame.
Castiel me tendit la main, je la pris, mais Lilian me prit l’autre main et on alla ainsi jusque dans la grande salle.
Ils s’assirent à leurs places.
– Bonjour Danayel.
L’elfe hocha la tête avec un sourire vers moi. Je me retournai sur ma chaise et fis un signe au petit dragon derrière nous, ce dernier n’hésita pas un seul instant pour monter sur mes genoux.
– Il a déjà doublé de volume.
– Et ça ira de plus en plus vite.
– Vous semblez en connaitre beaucoup sur les dragons.
Je regardai Castiel mais ne fis pas de remarque. Le petit dragon se mit à fixer mon assiette et je compris.
– Depuis combien de temps n’a-t-il pas mangé ?
Danayel semblait alors se raidir.
– Hier soir, pourquoi ?
Me tournant vers Matéo, je n’eus pas à prononcer ma demande pour qu’il comprenne. Très vite une jeune femme apporta une assiette remplie de morceaux de viande. Mes doutes sur Danayel avaient débuté depuis longtemps, quand j’étais petite, ou même lorsqu’il ne m’avait pas retenue, à mon adolescence, lorsque j’avais décidé de partir un moment de la forteresse des elfes, c’était cela qui m’avait sauvé.
– Dites-moi Danayel, comment comptez-vous lui apprendre à voler ?
L’elfe me regarda étrangement.
– Euh…je n’en sais encore rien.
– Il aurait fallu commencer à s’en préoccuper.
Sur ce reproche il baissa la tête alors que moi je me levai, emportant le dragon avec moi et me dirigeant vers la porte.
– Qu’allez-vous faire ?
– Vous verrez, je n’en ai pas pour longtemps.

Une fois dehors je sortis de la forteresse sans me faire remarquer. Les montagnes, l’endroit parfait pour un dragon pour apprendre à voler, mais encore fallait-il quelqu’un pour lui montrer.
Je marchai un moment, le dragon dans les bras, pour m’éloigner de la forteresse. Une fois assez loin, je posais le dragon, il me regarda alors avec intrigue, je m’éloignai de lui pour ensuite me transformer. Les yeux du petit lézard étaient alors admiratifs, je m’approchai de lui :
– Ne t’en fais pas, un jour tu seras comme ça aussi.
– Aussi grand ?
– Bien sûr que oui.
Je me redressai et dépliai mes ailes.
– Prêt pour ta première leçon de vol ?
– Oui !
Il se mit exactement dans la même position que moi, les ailes droites.
– Essaye d’abord de sauter, sans bouger tes ailes.
Le petit, en très bon élève, poussa sur ses pattes, il atterrit un peu brusquement mais se releva immédiatement.

La leçon dura tout de même deux heures, le temps au petit dragon de maîtriser ses ailes. Une fois finit, enfin une fois qu’il put tenir en l’air plus de quelques minutes, on rentra, tous étaient encore autour de la table sauf Danayel. Je m’assis et le dragon se posa sur mes genoux avant de s’enrouler en boule.
– Où est partit Danayel ?
– Se reposer.
Je fis la moue et fini par me lever en emportant le petit dragon. Alors que j’allai passer la porte, Lilian m’interpella :
– Tu vas où ?
– Je reviens.
En réalité je me rendis dans la chambre de Danayel, je ne fus pas étonnée de la trouvée vide. Il devait préparer quelque chose, mais quoi ?
Après un instant à observer cette chambre où rien ne me semblait inhabituel, je retournai avec les autres. Ils avaient déjà commencé à préparer l’attaque.
– La nuit serait donc le mieux.
– Il faudra trouver l’entrée la moins gardée.
– Normalement il y a un souterrain mais très peu le connaissent donc il n’y a qu’un seul garde.
– Il faudra trouver l’entrée.
– Vous en pensez quoi Aliane ?
Je souris à Matéo mais je n’eus pas le temps de répondre que la porte s’ouvrit avec fracas. Tous eurent alors un mouvement de peur à la vue de la bête s’engouffrant dans la salle. C’était l’une de ces bêtes qui avaient rôdé durant la nuit. Elle était tout de même très ressemblante aux dragons, mais leur cou, leur corps était beaucoup moins corpulents, presque squelettiques. L’autre différence était leur taille, taille d’un cheval à peu près mais plus court sur pattes.
Alors qu’un homme armé d’une épée arrivait derrière l’intrus, je me levai rapidement et lui fis un signe qu’il comprit immédiatement :
– Laissez-la.
Tous me regardèrent avec étonnement, ils ne connaissaient donc pas ces créatures.
– Elle est inoffensive.
– Vous en êtes certaine ?
– Oui.
Je contournai la table et vient près de la bête, elle leva sur moi des yeux affolés. Je m’accroupie et la prise par le menton pour la regarder. Ses écailles étaient douces, encore brillantes mais molles, un bébé.
– Ce n’est qu’une enfant.
Lillian s’approcha de moi et m’imita dans ma posture sans toucher pour autant à la créature.
– Tu sembles bien les connaitre.
– J’ai vécu avec eux pendant plusieurs années.
– Que fait-elle là ?
Je gardai un instant de silence et fini par apercevoir la blessure sur le flanc droit de la bête : une plaie bien ouverte.
– Ces créatures vivent dans les souterrains, elles n’ont pas pour habitude de sortir et encore moins de s’approcher d’un autre peuple, elles sont très craintives.
Tournant ma main posée sur le museau de la bête je la fis s’allonger sur le dos, elle était alors très docile, ce qui était encore plus étonnant.
– Est-ce vous qui lui avez fait ça ?
L’homme armé encore à la porte se raidit sous mes yeux accusateurs mais il se défendit :
– Elle est trop rapide personne n’a réussi à la toucher.
Je me penchai un peu plus sur la plaie et y distinguais un morceau de métal brillant.
– Lillian tu peux essayer de la tenir tranquille ?
– Euh…
– Elle n’a pas de dent si ça peut te rassurer.
Le vampire, pas sans crainte, posa une main à la base du cou de la créature, elle ne réagit pas, alors il posa une autre main sur son museau, la bloquant au sol. Mais la bête commença à s’agiter lorsque j’écartai les pans de la blessure pour mieux pouvoir récupérer le morceau d’arme coincé dedans. Une fois que j’eus réussi je me tournai vers Lillian qui avait peine à tenir la créature.
– Tu peux la soigner maintenant ?
Il hocha la tête et je le laissai donc faire, me levant pour retourner près de ma place. Je pris mon verre d’eau et aspergeais le morceau de métal pour le nettoyer. De petits cris aiguës retentirent alors : la petite bête s’était jetée sur Lillian, pas pour l’attaquer, plutôt pour lui faire un câlin.
– Et je fais quoi moi maintenant ?
La situation de Lillian fit rire tout le monde, détendant l’atmosphère. Matéo se tourna vers moi :
– Vous pouvez nous expliquer maintenant ?
– Je n’ai pas tout compris mais il se passe quelque chose d’anormale et d’assez grave.
– Continuez.
Je m’assis à ma place et lui montrais le morceau de métal.
– C’est le bout d’une hache de nain.
– Et alors ? Un nain aurait juste attaquée cette créature ?
– Les nains côtoient ces créatures depuis des années, ils les savent inoffensives et les protègent même.
– Donc un nain aurait perdu la tête ? Ou peut-être n’est-ce qu’un accident ?
– Je ne pense pas, les nains ne sont pas d’un naturel agressif, il doit se passer quelque chose.
Matéo se leva et tous le regardèrent.
– Et bien si vous semblez avoir confiance en eux, autant leur rendre visite, qui sait, peut-être seront-ils de nouveaux alliés ?
– Très certainement, surtout s’ils ont un problème et que vous leur venez en aide.
Le petit dragon, jusque-là posé sur une chaise près de moi se mit à s’agiter, je compris immédiatement :
– Mais oui tu vas venir avec nous, ne t’en fais pas.
– Ne serait-il pas plus prudent qu’il reste ici ?
On tourna tous la tête vers la porte : Danayel. Sans aucune agressivité apparente je préférais me lever en prenant le dragon dans mes bras.
– Non, je préfère le garder avec moi, il sera plus en sécurité.
Lillian se leva également mais bien sûr, la créature ne le lâchait pas et il dut la porter avec lui.
– Allons-nous préparer, je suppose que les nains sont assez loin d’ici.
J’hochai la tête et chacun se leva pour partir vers sa chambre, moi j’emmenai le petit dragon avec moi malgré le regard insistant de Danayel.

Une fois dans ma chambre je posais l’animal sur mon lit puis allais fouiller dans les armoires. Je n’avais sur moi que la robe d’humain que Lillian m’avait choisi, pour une balade dans les montagnes ce n’était pas vraiment approprié.
Ne trouvant rien qui me convienne je m’approchai de mon lit :
– Les humains n’ont pas l’habitude d’aller dans les montagnes apparemment.
Le petit dragon me regarda, comprenant mes paroles et semblant très intéressé.
– Toi tu n’as pas besoin de trouver de quoi t’habiller, c’est bien pratique.
Je tournai sur moi-même et un habit d’elfe apparue, remplaçant la robe qui tomba à terre.
– T’en pense quoi ?
Le dragon poussa de petits cris aiguë et je souris. Les habits, faits de tissus solide mais léger, étaient très moulants, comme toujours pour les habits Elfiques d’ailleurs.
– Moi j’adore en tout cas.
Je me retournai vers la porte, Lillian s’y trouvait, appuyé contre le mur.
– On t’attend, il faut s’équiper si on risque de se battre.
Je regardai le petit dragon, il prit son élan et atterrit sur mes épaules avec un léger dérapage, mais je ne me plaignis pas et suivis Lillian dans le couloir.
– Cette nuit ils ont construit une mini armure pour dragon, ça le protégera.
– Parfait, très bonne idée.
– Il y en a aussi une pour vous.
Je fis la moue, je détestais les armures, surtout celles des humains, tellement encombrantes !
Lorsqu’on arriva à la salle, quatre homme s’armaient déjà, Matéo et Castiel en faisaient partit. Je posais le petit dragon sur une table et il se mit à admirer l’armure qui lui était destinée. Je souris et pris l’armure pour lui mettre. Pour une armure faite par des Hommes elle était légère, tant mieux pour lui, ce n’était qu’un enfant encore. Ce fut par un cri aiguë, lorsque j’eus terminé d’enfiler l’armure au dragon, que je remarquai la présence de la créature aux pieds de Lillian, elle le suivait donc partout.
– On va la garder longtemps celle-là ?
Je souris à cette plainte du vampire.
– Non, elle va nous conduire aux nains et elle rentrera au nid.
– Au nid ?
– Oui, elles vivent dans des nids creusés dans la pierre.
Castiel me prit la main et me conduisit devant une armure, celle qui m’était destinée. Matéo s’approcha alors avec un sourire :
– Nous savons que les elfes n’aiment pas mettre d’armure alors nous l’avons faite la plus simple et la plus légère possible.
– Merci.
Lillian s’approcha et prit le haut de l’armure pour m’aider à l’enfiler. C’était vrai qu’elle était légère, les bras n’avaient rien, les jambes non plus, elle ne protégeait que le stricte minimum.
– J’espère que ces armures ne seront que des précautions.
On sortit tous de la salle, cinq personnes pour une petite mission, c’était suffisant. J’aurais préféré y aller seule, je doutais de la discrétion des deux hommes que je ne connaissais pas, mais s’ils venaient c’est que Matéo avait confiance.
– Nous allons prendre des chevaux et nous les abandonnerons si nécessaire.
J’hochai la tête et les suivit hors des bâtiments.

Le trajet, dirigé par la créature, se fit en silence, autour de nous, d’autres créatures nous avaient rejoint, menant notre route. J’avais le petit dragon devant moi, il regardait autour de nous avec intrigue mais aussi crainte, quelque chose le dérangeait.

La créature finie par s’arrêter et se tourner vers nous, de sa patte elle indiqua droit devant. Nous étions alors près de la crête d’une colline, séparée d’une immense montagne par une vallée qu’on ne pouvait voir. Cette montagne me rappelait quelque chose, mais quoi ?
– On descend.
Tous m’obéirent, le petit dragon resta collé à moi, comme apeuré. Je fis signe aux hommes de ne pas faire de bruit et on s’avança jusqu’à la crête.
En bas, dans la vallée, des nains s’agitaient, ils creusaient la base de la montagne avec peine, la pierre semblait leur résister.
– Que font-ils ?
– Ce que les nains font, ils creusent.
Les hommes me regardèrent, oui, eux aussi avaient remarqué : des humains parmi les nains.
– Ils les dirigent…
Le petit dragon émit un gémissement, lui aussi avait ce malaise présent, tout comme moi, mais je n’aurais sus l’expliquer.
– Pourquoi les humains les obligent-ils à creuser cette montagne…
– Quel que soit la raison, il faut les arrêter.
Je me levai et m’éloignai pour ne pas être vue d’en bas.
– Les nains ne sont pas faciles à contraindre, pour les hommes la seule manière est leurs femmes et leurs enfants, il faut donc les trouver et les délivrer.
– Et comment ?
Je m’assis, le petit dragon vient sur mes jambes et me regarda avec crainte.
– Déjà je pense qu’on devrait se séparer, un petit groupe de deux reste ici et les autres vont chercher les autres nains.
– Je reste avec toi.
Je regardai Lillian et hochai la tête.
– Pour trouver les nains je pense que vous devriez suivre les blessés, les humains ne vont pas s’embêter a les soigner eux-mêmes, ils donnent ça aux femmes.
– D’accord.
– Surtout faites ça avec discrétion, la plupart des humains sont ici à surveiller les hommes.
– Sans problème.
Les trois hommes se levèrent et, emportant les chevaux, partirent en contournant la vallée.
La créature était partit pendant que nous discutions, elle aussi avait peut-être ce malaise…
– Il faut essayer de comprendre.
– Peut-être que les nains savent.
– Je sais.
Je retournai près de la crête et m’allongeai dans la terre, Lillian m’imita.
– Il faut isoler un nain sans se faire remarquer, on va voir ce qu’il sait et on lui dira de passer discrètement le mot que nous somme la aux autres.
– Et ensuite ?
– Ensuite il faudra neutraliser tous les humains, avec l’aide des nains ce sera simples.
– Il faudra donner un signal.
Je regardai le petit dragon, ce dernier baissa immédiatement les oreilles et je souris.
– Tu as bien compris.
– Lui ? Le signal ?
– Oui, tu voleras simplement au-dessus de la vallée, ne t’en fais pas tu ne crains rien.
Je me redressai et m’éloignai de la crête pour ensuite la contourner.

Il nous fut facile d’isoler un nain : un jeune nain, après avoir volé un peu de nourriture, s’était isolé de lui-même, caché derrière une tente. Pour ne pas qu’il cris, Lillian mit une main sur sa bouche avant de le tourner face à nous, son regard était alors effrayé, peut-être pensait-il que nous étions de ces humains.
– Calme-toi, nous sommes des alliés.
– Des alliés ?
– Nous sommes venus vous sortir de là.
Immédiatement un sourire apparu sur son visage.
– Mais avant dit-nous un peu ce qu’il se passe ?
– Ils ont attaqué notre village le soir alors que les hommes étaient partit creusés, ils ont fait prisonniers les femmes et les enfants et les menaces pour que nous creusions cette montagne.
– Et pourquoi cette montagne ? Qui a-t-il dedans ?
– C’est une montagne sacrée, nous ne savons pas exactement ce qu’il y a dedans. Et la pierre est de plus en plus solide quand on creuse.
J’échangeai un regard avec Lillian, une montagne sacrée avec une pierre de plus en plus solide vers le centre, ça devait cacher quelque chose.
– Bien écoute, tu vas discrètement passer le message aux autres nains qu’une révolte va être préparée, dès que vous verrez un bébé dragon voler au-dessus de la vallée vous cesserez de creuser, mais vous garder vos pioches avec vous.
– Et le village ?
– Nous ne sommes pas venu qu’à deux, ne t’en fais pas.
Il repartit avec un petit sourire.

Une fois de retour en haut de la crête je me tournai vers Lillian.
– Il va falloir que tu te glisses chez les humains.
– Pardon ?
– C’est le seul moyen de savoir ce qu’ils cherchent, tu en assomme un et tu prends ses habits.
– Bon, d’accord et toi pendant ce temps ?
– Je vais chercher un peu d’aide.
Alors que je m’apprêtais déjà à partir il me retient par le bras :
– Fait attention à toi.
– Ce que tu vas faire est plus dangereux que moi, ne t’en fais pas.

L’aide que j’allais chercher ? Les créatures qui nous avaient conduits jusque-là bien sûr.

Dans la logique, puisque ces créatures s’étaient donné la peine de venir nous prévenir pour les nains, c’est qu’elles vivaient à proximité de cette montagne, voir même à l’intérieur. Il me fallait donc trouver l’entrée d’un tunnel.

Lorsqu’enfin j’eus trouvé ce qui ressemblait à une entrée, je ne fus pas étonnée qu’elle soit sous un buisson, bien cachée. Je pris une profonde inspiration et sautais, bien sûr elles avaient fait l’entrée à la vertical pour dissuader les intrus n’étant pas aillés. Je n’atterris pas sans encombre comme je l’aurais voulu, genoux et bras écorchés, mais ce n’était rien de grave.
La vision nocturne que possédaient les dragons me fut très utile même si je me perdis rapidement dans les multiples galeries. J’espérai alors ne pas m’être trompée de terrier…je risquai gros, les autres créatures vivants dans les souterrains n’étaient pas toutes inoffensives.
Alors que j’arrivais à un carrefour, quatre pattes me collèrent brutalement au mur : deux créatures, montrant alors les dents et semblant très menaçante. Je calmais ma respiration, au moins j’étais dans le bon endroit, et près du nid puisqu’ils m’avaient attaquée.
– Je ne suis pas venue en ennemie.
Leur dents disparurent et ils se regardèrent, certainement surprit de me comprendre.
– Je ne vous veux pas de mal, je suis venu chercher de l’aide pour ce qu’il se passe à la surface.
Une fois de plus ils se regardèrent puis l’un m’examina minutieusement du regard.
– On ne peut pas l’emmener au nid si elle a des armes.
D’un geste lent je sortis le poignard que j’avais à la ceinture et le leur tendis.
– J’ai seulement cela et mon arc.
– Les flèches.
Je détachai donc mon carquois et le leur tendit. Ils me lâchèrent alors et m’indiquèrent de les suivre, l’un se mit derrière moi, l’autre devant. Plus on avançait, plus l’air se réchauffait, je savais que ces créatures aimaient la chaleur mais normalement ils ne savaient pas la produire et il n’y avait aucun volcan dans les environs…
Nous n’étions réellement pas très loin du nid. Mais une fois arrivé, l’attitude des êtres me fit vite comprendre la situation : le nid de la reine.
Tous les petits dragons, même s’ils n’en étaient pas réellement, me regardaient en montrant les dents. Une fois arrivée au centre de l’immense nid creusé dans la roche, je levai les yeux face à la reine : véritable duchesse parmi son peuple, elle faisait deux fois leur taille. Les reines étaient rare dans ce peuple et donc très bien protégée, était-ce elle que les humains voulaient trouver ?
– Pourquoi l’avez-vous amené ici ?!
Les deux créatures près de moi baissèrent la tête.
– Elle dit être venu en allié…et on trouvait étonnant d’arriver à comprendre ce qu’elle disait…
Passant sa colère la reine rapprocha sa tête de moi et me regarda avec intrigue tout en se méfiant toujours.
– Les nains à la surface sont en danger, les humains les menacent, ils cherchent à creuser une montagne sacrée.
– Je sais tout ça, pourquoi êtes-vous ici ?
– Pour vous demander de l’aide, je suis venu sauver les nains mais je…
– Jadis les nains nous on fait promettre de ne jamais nous mettre en danger pour eux, je ne peux pas vous venir en aide.
– Dites-moi ce que les humains vont trouver à l’intérieur de cette montagne au moins.
Elle se redressa rapidement, il y avait donc bien quelque chose de cacher, autre que son peuple.
– Qui êtes-vous pour m’imposer quelque chose ? Je ne mettrais pas mon peuple en danger pour vous et ce qui est dans cette montagne ne vous regarde pas.
– Alors vous allez laisser les humains le découvrir ? Déterrer ce secret au grand jour, au risque bien sûr de faire effondrer vos galeries ?
Toutes les créatures se mirent à murmurer…prises de paniques certainement par ce que je venais de dire, la reine les regarda puis baissa de nouveau les yeux sur moi.
– Vous avez trouvées nos galeries…notre nid…vous nous comprenez et nous vous comprenons, ce n’est pas normal même pour un elfe…
Je souris, jusque-là je ne leur avais pas dit qui j’étais, j’aurais espéré pouvoirs garder mon identité secrète mais apparemment cette reine était beaucoup trop craintive pour la convaincre sans lui dire.
– Je m’appelle Aliane, princesse des elfes.
Immédiatement comme je l’aurais deviné, l’attitude de chaque être autour de moi changea : ils étaient alors intrigués et non craintifs ni agressifs, les deux créatures près de moi posèrent mes affaires à mes pieds puis s’éloignèrent pour rejoindre les autres autours. La reine s’allongea face à moi et sembla sourire.
– J’aurais pu le deviner, vous êtes le seul être connut à pouvoirs nous comprendre mais…nous vous pensions morte avec le reste de la cité.
– Je n’étais pas à la cité lorsqu’elle a été dévastée.
– Heureuse de l’apprendre, je transmettrais cette nouvelle à tout mon peuple.
J’hochai la tête puis attendis.
– Suivez-moi.
La reine descendit de l’énorme pierre où elle était allongée pour se diriger vers l’entrée d’un tunnel, aucune autre créature ne bougea. Je suivis la créature sur la pierre froide, elle marchait lentement, pour pouvoir être à mon rythme.
– Les humains ont eu vent qu’une puissante aide se trouvait dans cette montagne et qu’elle pourrait jouer en leur faveur dans la guerre.
– Alors il faut les empêcher de l’atteindre.
Elle sembla alors rigoler.
– S’ils l’atteignent ils mourront dans la seconde.
– Les nains aussi je présume ?
Cette fois elle baissa la tête, peut-être n’avait-elle pas envisagé cela.
– Certainement.
– Pourquoi ne pas les aider alors ?
– Les nains ne le voudront pas, ils préfèrent mourir plutôt que nous mettre en danger.
– Ils ont toujours été très altruistes.
– Oui, ils nous ont toujours protégés.
– Qu’est-ce qu’il se cache dans cette montagne ?
Elle ne me répondit pas, une fois de plus, comme si ce secret était bien trop grand même pour moi.
Après un court instant elle s’arrêta, je regardai alors devant moi : une paroi lisse s’effaçait sous la roche, une paroi mauve et jaune…anormale.
– J’ai l’interdiction de le dire.
Je m’approchai lentement de la paroi et y posai ma main, voilà d’où provenait la chaleur de leur nid…cette paroi était brûlante. Une idée me vient alors…cette paroi, cette matière, cette chaleur, ça ne pouvait provenir que d’un être vivant…
Je regardai avec terreur la reine, elle hocha la tête puis tourna les talons.
– Vous feriez mieux de vous dépêcher si vous voulez sauver les nains.
Je me mis à courir dans les galeries aussi vite que je pus.

Les humains…ces êtres inconscients.

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