Prologue :

Il y a mille ans de cela, une terrible guerre ravagea le monde de Midas. Un démon nommé Igmol voulait s’en emparer pour instaurer un nouveau règne de terreur. Sans le sacrifice de trois vénérables sages qui réussirent l’impossible il en aurait était ainsi. De nos jours, ce pan de l’histoire n’est plus qu’un conte qui se transmet de générations en générations. Pourtant, de nombreuses ruines parsèment encore la surface de la planète, comme pour rappeler au monde ses tragédies passées. C’est dans ce contexte alors que l’humanité commence enfin à panser ses blessures, qu’un nouveau confit se prélude à l’horizon. Un fléau qui pourrait bien raviver de vieilles blessures dans le cœur des gens et révéler des zones obscures de l’histoire.

Chapitre 1 : Le début de la fin

Les cris d’agonie de tous les membres de mon village résonnent en moi. Jamais je ne pourrais les oublier. Comment le pourrais-je, ce serait cracher sur leur mémoire, celle d’hommes et de femmes qui ont donné leurs vies pour protéger ce qu’ils avaient de plus cher. Pour les honorer, laissez-moi vous conter leur histoire afin que la mienne débute.

Tout commença dans le village d’Ambers, une charmante petite bourgade située sur la côte ouest du continent Armériens. En ces temps-ci, il y faisait bon vivre. Les nuages étaient haut dans l’horizon, les oiseaux chantaient et la vie y battait son plein. Et au milieu de toute cette effervescence, il y avait moi Thartos le fils du forgeron.

A l’époque, je n’avais pas plus de douze ans et je vivais au jour le jour insouciant de ce qui se passait autour de moi et de ce qui se disait. Bien sûr j’étais au courant de la guerre qui, se déroulait dans le nord, mais ça me passait au-dessus de la tête sans autres formes de procès. Ce n’était pour moi que quelque chose de vague, un peu comme quand ton se réveille, qu’on se souvient avoir rêvé mais sans se rappeler exactement de quoi. Non à l’époque, mes préoccupations tournées autour de deux choses, Lanara ma sœur jumelle et Zephir mon meilleur ami. Ce dernier et moi-même nous connaissions depuis l’âge de nos huit ans et depuis nous étions inséparables. Son père Milthias un colosse de un mètre quatre-vingt-dix pour quatre-vingt-dix kilos était le chef de la garde. C’était grâce à lui, et à l’Imperium qui avait eu la bonne idée de le muter chez nous en remplacement du vieux Thormwar, décédé depuis peu de vieillesse. Que nous avons eu la chance de nous rencontrer. En effet à peine arriver à Ambers celui-ci c’est directement rendus chez le forgeron pour parler des défenses du village qu’il avait entraperçues en arrivant, et des nouvelles directives qu’il allait devoir mettre en places. A ces côtés, se trouvait Liliana sa femme, une jeune beauté d’une trentaine d’années aux formes pulpeuses et au ventre arrondit par une seconde grossesse. Et se terrant derrière la jupe de cette dernière, Zephir, d’un simple regard nous avions su que l’on allait s’entendre comme cul et chemise.

-Thartos lui dis-je en descendant des genoux de mon père et en lui tendant la main, comme les hommes du village avaient pour coutume de faire.

Mais celui-ci se dissimula de plus belle derrière sa mère.

-Allons Zephir lui dit cette dernière, d’une voix aussi douce que le chant des hirondelles, un peu de courage ne fait pas honte à ton père

Il me tendit alors une paluche tremblotante que je serais énergiquement tout en souriant béatement. Ce que beaucoup de personnes moi y compris ne savent plus faire maintenant. Et c’est depuis cet instant, cette poignée de mains silencieuses mais néanmoins plus explicites que la plupart des mots qu’était né notre amitié.

Mon père descendit de la meule et s’approcha du grand inconnu qui lui faisait face.

-Agron lui dit ‘il en lui tendant la main à qui ai je l’honneur ?
-Milthias je suis le nouveau gardewar mandaté par l’imperium, j’ai à vous parler en privé.
-Bien sûr mais si je puis me permettre vous ne devriez pas aller présenter vos respects à Ishtar en premier.
-Ça peut attendre, pas ce que j’ai à vous dire.
– Très bien, suivez-moi à l’intérieur.

Les paroles que mon père et Milthias échangèrent dans l’entrepôt restent encore un secret à ce jour. Mais depuis cet instant il ne fut plus le même. Naguère si joyeux on eux dit que quelque chose venait de s’éteindre en lui. Il ne mangeait presque plus et ne parlait que lorsque on lui adressait la parole. Quelque chose le travaillait c’était certain, mais quoi ? Mère a bien essayé de lui faire cracher le morceau, s’inquiétant pour son époux qui décrépitait de jour en jour. En vain. Je les entendais se discuter jour et nuit. Catherina lui disant qu’il avait intérêt de remonter la pente qu’il n’était pas un bon exemple pour moi, et qu’elle se faisait du souci pour lui se demandant ce qu’il adviendrait d’elle s’il venait à disparaître. Et mon père de répondre qu’elle devait arrêter de se tourmenter, qu’il n’allait pas mourir, simplement qu’il avait besoin de temps pour comprendre.

-Mais comprendre quoi ! ? Ça fait cinq jours que ça dure, dit moi quelque chose, par Ramos je t’en conjure.

C’était peine perdue mon père ne disait et ne dirait jamais rien se contentant de tourner le dos et d’un vague «peut ‘être un jour»

Ce n’était pas le seul bouleversement auquel nous étions confrontés. Dès le lendemain, de son arrivée Milthias a commencé à reconfigurer la garde et à améliorer nos défenses. Renforçant la palissade, les tours de guets. Il avait même ordonné la construction d’un fossé autour du village. Mais le plus inquiétant restait sans nul doute les deux cent cinquante soldats supplémentaires qu’ils avaient ramenés avec lui et qui avaient installé leur camp à l’extérieur de l’enceinte. Pourquoi un tel déploiement de force, Ambers était l’archétype même du hameau insignifiant perdu au milieu de nulle part, qui n’avait d’intérêt pour personne. Bien sur quelques brigands imprudents ont bien tenté leur chance au fil du temps mais on avait toujours réussi à s’en sortir. Là on aurait dit que l’on se préparait à tenir un siège.

Et puis un beau jour d’étranges rumeurs ont commencé à circuler. On disait que Anthranax avait rompu le traité qu’une nouvelle guerre était sur le point d’éclater. Ce fut le commencement de la fin et le début de l’ère des ténèbres. J’ignorais de quoi il était question, quel était ce traité, qui était Anthranax. Mais plus le temps passait, et plus les villageois étaient nerveux chaque jour apportant son lot de nouvelles histoires plus effroyables les unes que les autres. J’entendais parler de villes et de villages brûler, leurs habitants plantés sur des piques à l’extérieur des enceintes. Comme autant de messages implicites adressés à l’encontre des secours «Voilà ce qui arrivera à quiconque osera nous résister»

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