20 ans plutôt
Dans mes bras, le nouvel être qui vient de naître. Le petit garçon, nommée Nolan. En ouvrant ses yeux, je remarque qu’ils sont d’un bleu si profond, mais en même temps si clairs. Comme l’océan et le ciel, un bleu tout simplement magnifique, magique, unique. Dans le canapé assis, j’attends que mon mari rentre de son travail. Il travaille fort pour que nous ayons tout ce dont on ait besoin.
Ses yeux ce referme et je bouge doucement pour aller le mettre dans son berceau. Doucement et posée, il continue à dormir, son pouce dans sa petite bouche et sa couverture au-dessus de lui. Ses doudous éparpillés tout autour de lui. Il est mignon, adorable.
La grossesse a été dure, longue et j’ai eu du mal, mais maintenant je me dis que cela vaut la peine. J’espère que tout va bien ce passé. Mon mari arrive, les pieds nus, sa veste agrippant son épaule et sont costume complètement noir. Son visage transpirant, des gouttelettes tombent et atterrissent par terre. Je lui dis d’aller se doucher, mais il refuse, je ne comprends pas. Il s’assied et me demande de faire la même chose. Je vois son regard paniqué et je me demande ce qu’il se passe. J’essaie d’avoir d’autre indice sur son visage ou sur l’expression ou bien de la façon dont il bouge. Mais je ne capte rien.
Impatiente, j’attends tranquillement. Quand il ouvre la bouche, je sais quelque chose va sortir. Il commence d’abord a marmonné tout un tas de choses incompréhensibles puis de dire des gros mots et pour finir, il me regarde dans les yeux avec son air sérieux. J’ai peur, qu’est-ce qu’il se passe, ici, dans ce monde.
– J’ai une mauvaise nouvelle, mon amour. Il se passe que nous devons fuir ou bien nous battre. Nous devons nous battre pour la paix parce que la guerre va arriver. Mais le seul problème c’est que le petit restera ici le temps que tout s’arrange, dit-il d’une voix ferme tandis que moi je sanglote à sa dernière phrase.
Je ne veux pas quitter mon bébé. Le laisser ici, seul alors que le danger est dehors. Je ne veux absolument pas. Je m’imagine les pires scénarios, que mon petit Nolan, soit mort ou je ne sais quoi d’autre de plus grave. En voyant sûrement ma tête, mon mari arrive jusqu’à moi et me murmure des mots doux pour me consoler et m’enlever toutes ces images d’horreur. Nous sommes coupés par un pleure puis d’un gros boum.
Mon mari se précipite vers la fenêtre pour voir ce qui se passe dehors et moi, je me dirige vers Nolan. Je le prends dans mes bras et le berce gentiment. Je relève la tête et je remarque que mon mari, me regarde d’un visage paniqué et sombre. D’un simple hochement de tête, je comprends ce qu’il se passe. La guerre a éclaté. Des coups de feus se font entendre et je protège les oreilles de mon fils avec mes mains de peur qu’il crie tellement la peur le submerge.
Je donne avec peine, Nolan dans les bras de mon mari et je pars chercher le nécessaire. Mon mari le porte jusqu’à une pièce ou l’on sera, pour nous protéger et on verra demain. Je pleure, je laisse les larmes couler mais j’essaie quand même de faire le moins de bruit possible de peur de réveiller le monde extérieur. Des cris de douleurs, de peurs, mais aussi d’une perte se font entendre, je n’ose même pas regarder dehors pour voir le mal que fait cette guerre.
Je me précipite dans la pièce, prends des affaires, puis descends et prends des choses à manger et je vais vers la pièce. En faite nous avions toujours fait une pièce, un sorte de secours si nous étions en danger, nous avions mis une salle de bain, un lit et un berceau parce qu’on savait que l’on aurait un enfant. Mais jamais, je n’aurais pas cru l’utiliser un jour. Jamais.
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Tellyon